Formation des FRANCAS « Valeurs de la République et Laïcité »

Mesdames, Messieurs,
Chères et chers partenaires,
Chères et chers participantes et participants,

Je suis très heureuse de vous accueillir à l’Hôtel du Département pour cette formation consacrée aux valeurs de la République et à la laïcité.

Je veux d’abord saluer les Francas de Meurthe-et-Moselle qui portent ces deux journées, pour leur engagement constant auprès des enfants, des adolescents, des jeunes adultes, des familles.

Merci de faire vivre, chaque jour, le lien social, la citoyenneté et l’éducation populaire.

Je remercie également les partenaires engagés sur cette formation, aux côtés de l’Etat, l’IRTS, UFAL, les fédérations d’Education Populaire, Citoyenneté active, Citoyens et territoires, et aussi les formatrices et les formateurs, ainsi que chacune et chacun d’entre vous pour votre présence aujourd’hui qui dit quelque chose d’essentiel : cette formation n’est pas un rendez-vous parmi d’autres. Elle répond à une nécessité démocratique, éducative et républicaine profonde.

Former aux valeurs de la République et à la laïcité, ce n’est pas seulement rappeler des règles. Ce n’est pas réciter des principes abstraits. C’est donner des repères pour comprendre, pour expliquer et pour faire vivre concrètement un cadre commun qui protège toutes et tous, qui ne discrimine pas, ne stigmatise pas.

Car la laïcité est aujourd’hui souvent invoquée, parfois brandie, mais pas toujours comprise dans ce qu’elle a de plus exigeant.

La laïcité n’est pas une arme de tri.
Elle n’est pas un outil d’exclusion.
Elle n’est pas un prétexte pour opposer les personnes.

La laïcité est d’abord une promesse républicaine, une promesse de liberté.

La liberté de conscience.
La liberté de croire ou de ne pas croire.
La liberté de chercher, de douter, de se construire, de s’émanciper. 

Et cette liberté n’existe que parce qu’elle s’inscrit dans un cadre commun : l’égalité devant la loi, la neutralité des institutions publiques et le respect de toutes les personnes et du refus absolu des discriminations. 

Autrement dit, la laïcité ne nie pas les convictions. Elle permet leur coexistence dans un espace commun qui ne privilégie personne et qui n’abaisse personne.

Et l’émancipation est au cœur de ce sujet.

Elle est profondément liée aux valeurs de la République. 

S’émanciper, c’est pouvoir se construire et se vivre comme un individu libre, et non comme quelqu’un que l’on enferme dans une origine, une religion, une condition sociale ou une identité supposée.

C’est faire en sorte que personne ne doit être assigné à une place ou à un destin.

La liberté, c’est pouvoir penser, apprendre, douter et se forger un jugement.
L’égalité, c’est refuser que les trajectoires soient déterminées par l’origine sociale ou culturelle.
Et la fraternité, c’est faire société en refusant de trier les personnes.

C’est aussi pour cela que la laïcité est indissociable de l’éducation.

Parce qu’elle protège la liberté de conscience

Parce qu’elle garantit un cadre commun dans lequel chacune et chacun peut chercher, questionner et évoluer sans pression ni domination.

Dans cette perspective, l’éducation populaire joue un rôle essentiel.

L’éducation populaire, dans ce qu’elle a de plus exigeant, vise à former des citoyennes et des citoyens capables de comprendre le monde, d’y prendre part et d’y agir.

Elle ne se contente pas de proposer des activités.
Elle forme à la participation, au débat, au discernement.

Elle apprend à confronter les points de vue.
Elle apprend à construire du commun.

Et dans la période que nous traversons, cette mission est plus importante que jamais. Et plus difficile que jamais. 

Nous vivons un moment où le débat public se durcit et se simplifie à l’excès. Un moment où l’on discute moins pour comprendre que pour disqualifier. Où le désaccord devient trop vite un affrontement de camps.

À cela s’ajoutent les logiques algorithmiques qui structurent aujourd’hui une grande partie de nos espaces d’information. Elles nous exposent souvent à ce que nous pensons déjà, à ce qui confirme nos convictions, et rendent plus difficile la rencontre avec la contradiction et la nuance.

Dans ce contexte, notre responsabilité collective est immense : continuer à former des esprits libres et éclairés.

Former à l’esprit critique, ce n’est pas apprendre à tout relativiser. Ce n’est pas dire que tout se vaut.

C’est apprendre à distinguer les faits des opinions, les arguments des réflexes, le débat du mépris. 

C’est donner à chacune et chacun les moyens de penser par soi-même, avec des repères, avec des connaissances et avec des principes. 

C’est précisément pour cela que cette formation compte.

Parce qu’elle ne se contente pas d’énoncer des principes : elle donne des clés de compréhension. Elle permet d’aborder des situations concrètes avec discernement, avec exigence, et sans céder à la confusion.

Au Département de Meurthe-et-Moselle, nous faisons le choix de soutenir pleinement cette ambition.

Soutenir l’éducation populaire, soutenir celles et ceux qui forment, qui accompagnent, qui expliquent et qui rendent possible le débat et la participation citoyenne. Ce n’est pas un engagement accessoire.

C’est un choix politique.

Un choix en faveur de l’émancipation.
Un choix en faveur de l’égalité réelle.
Un choix en faveur d’une République concrète, vivante, qui ne renonce ni à instruire, ni à protéger, ni à faire grandir.

Alors à l’ouverture de cette formation, je veux vous dire simplement ceci : votre rôle est précieux.

Vous êtes de celles et ceux qui, sur le terrain, font vivre le commun.

De celles et ceux qui donnent du sens aux principes républicains.

De celles et ceux qui savent que la République ne tient pas par des slogans, mais par la transmission, la formation et l’exigence éducative.

C’est un travail patient, exigeant, mais absolument décisif.

Je vous remercie pour votre engagement et je vous souhaite une formation riche en échanges, en réflexions et en débats.

Je vous remercie.

                                                                                 Chaynesse KHIROUNI

Présidente du Conseil départemental

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *